GABRIELLE

Esprit d'Oasis
Square de la Roquette

Réparation vs embellissement est le moteur de ma proposition artistique.
C’est dans le Square de la Roquette que je souhaite intervenir, principalement au niveau de la passerelle supérieure (axe majeur qui relie secteurs haut et bas du parc).


A chacune de mes visites, je suis interpellée par les nombreuses reprises bétonnées sur les parapets de la passerelle ainsi que sur les différents murets du square (résultat d’une restauration sans réelle volonté de remise en état d’origine, assurer seulement une restauration fonctionnelle du bâti). Ces traces très contrastées détonnent esthétiquement sur les éléments construits qui articulent les différences de niveaux du terrain. En revanche, ces « rustines » sont particulièrement intéressantes sur un plan plastique. Comme des cicatrices, elles dessinent la cartographie d’un archipel d’oasis qui flottent dans un espace informel. Fallait-il cacher ces restaurations, les rendre invisibles, en tous cas moins contrastées ?

La question d’effacement ou de visibilité se pose toujours lorsqu’il s’agit de réparation et/ou de restauration (en archéologie, architecture, art et même chirurgie….). Les cicatrices rappellent l’impermanence de toute chose, phénomène irrémédiable du vieillissement. Intervenir pour sauvegarder, réparer mais aussi embellir, c’est sur ce dernier point que s’est construit mon projet.

Je propose d’intervenir sur les traces pour les magnifier en les soulignant d’un cerne de peinture or. Il s’agira, pour les personnes qui emprunteront la passerelle, d’une invitation immersive à pénétrer visuellement et mentalement la Biennale et/ou lorsqu’elles ressortiront, à se remémorer les différentes créations découvertes dans le square, devenu « oasis artistique » le temps de la Biennale.

Le geste de détourer discret, respectueux et simple, emprunte à la pratique du Kinsugi (art japonais des céramistes qui reconstituent des objets cassés. Pour magnifier l’objet restauré, devenu imparfait, ils recouvrent d’or les lignes des fissures restées visibles). La pratique du Kinsugi est une véritable ode à la fêlure, poésie de la fragilité, esthétique de l’imperfection et archéologie mémorielle.

La réparation, quelle que soit sa nature, physique, mentale ou psychique fait écho en chacun de nous. Equilibre instable, ligne de fracture, trace mémorielle ou ruine sont au coeur de mes réflexions et de mes créations. Pour chaque projet in situ, je m’imprègne physiquement et mentalement des caractéristiques propres du site d’installation, captation de signes particuliers, de moments éphémères, d’ordonnancements fragiles repérés au cours de mes déambulations. Je recherche les points d’équilibre, la poésie de l’espace, les interstices, les zones de fragilité afin de poser un geste artistique. Cette communion avec le lieu, sensorielle et mentale m’a portée tout au long de l’élaboration du projet « Esprit d’Oasis ».


Gabrielle - Esprit d'Oasis - Le Génie des Jardins 2021

Le Génie de la Bastille

Association pour la diffusion et la défense de l'art contemporain
126 rue de Charonne, 75011 Paris
www.legeniedelabastille.com
06 26 57 28 36

© Tous droits réservés - 2021 - Le Génie de la Bastille 

Page was built with Mobirise