©Pol Lujan

Photographie , Sculpture , Vidéo , Livres d'Artiste


 
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À PROPOS

Pol Lujan a l’humilité de se présenter comme un autodidacte. Lorsqu’il raconte sa vie et son métier de photographe, il le fait sans affectation. Évitant l’emphase, il raconte trente ans de métier avec simplicité. Sait-il qu’en parlant ainsi, il rejoint l’intuition d’un des plus grands, Henri Cartier-Bresson, qui considérait la photographie comme « un art sans art » ? Peut-être faut-il entendre, dans l’attitude élégante de Pol Lujan l’horreur, non pas de l’art, mais de l’artifice. Le monde qu’il nous donne à voir à travers ce pèlerinage mondialisé se déploie, en effet, sans faux semblants. C’est une quête obstinée de l’authenticité, révélée dans toutes sortes d’humanités. Du Vietnam à l’Amérique du Sud, de New York à Paris, son œil amoureux de la rue, de son spectacle, balance entre le mouvement infinitésimal d’une âme saisie dans le portrait et le mouvement massif d’une foule ; cet œil globe-trotter se promène, se balade, s’emballe, s’embue parfois – une brume sur Manhattan – au contact du monde…C’est que Pol Lujan a grandi, depuis le début des années quatre-vingts, tout jeune photographe, en se confrontant aux fondamentaux de la photographie. Ce terme de « fondamentaux » même, il n’est pas certain que le photographe aimerait qu’on l’emploie à propos de son travail. Et pourtant ! Comment mieux dire la rugosité des années d’apprentissage ? Pol Lujan a vingt ans à peine lorsqu’il sort de la banlieue parisienne en un temps où elle se tenait encore à mi-chemin
entre celle qu’avaient immortalisée les photographies humanistes – Doisneau, Ronis, Boubat – et celle qu’investiguent aujourd’hui les photo-reporters, en temps de guerre sociale ; après un temps mort, il se décide à chercher du travail.
La précarité n’est pas la même qu’aujourd’hui. Petites annonces, journaux. Le voilà qui tombe en arrêt : « On recherche filmeur. Se présenter…». Époque bénie du miracle où sortaient encore du journal, en trois lignes et quinze mots, l’amour, la rencontre ou l’emploi ! C’est un boutiquier, le propriétaire d’un magasin de photos qui l’engage. Il l’envoie à l’aventure, dans les rues, comme un missionnaire, évangéliser les foules invisibles, pour la plus grande gloire de la photographie. Il encage ainsi dans son boîtier l’homme ordinaire du XX e siècle. Il ne cessera plus…

Thierry Grillet
Bibliothèque nationale de France
Délégation à la diffusion culturelle
Chargé du mécénat



ACTUALITÉS

La croyance est un phénomène universel qui concerne certains individus, et d’une certaine manière tous les êtres vivants: pour entreprendre une action, il faut « croire » à la possibilité de sa réalisation.

Si le plus souvent la croyance est associée au mysticisme et à la religion, elle fait constamment partie de la réalité quotidienne, dans chaque acte et geste de la vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l’image qu’il se fait de la réalité. Mais comme il est impossible de remettre perpétuellement toutes ses connaissances en cause pour agir, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon nos buts, les situations et les contextes.

Par exemple, croire que le relief d’une région est immuable est suffisant et nécessaire dans les contextes de la vie quotidienne, alors qu’un géologue considérera le relief sous un angle dynamique et à longue échéance.

La croyance répond à un besoin qui semble s’ancrer profondément dans l’individu, et ne peut être gérée aussi librement que la notion de libre arbitre le laisserait imaginer.

La question, dès lors, n’est pas de savoir si une croyance est criminel ou pas, mais plutôt de savoir si on choisit de croire pour la mort ou pour la vie. Et c’est là que se pose la question de la responsabilité du croyant et de l’interprète ainsi formulée : Vais-je croire pour la vie ou pas ?

 

Lacroix, Marxisme, existentialisme, personnalisme,1949, p. 117.  



 

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